GEO : pourquoi votre stratégie de visibilité IA ne tient pas dans un seul prestataire
Le marché européen du GEO (Generative Engine Optimization) est projeté à 7,5 milliards de dollars d'ici 2034, contre 195 millions en 2025 selon Dimension Market Research. La course est lancée. Du jour au lendemain, régies médias, agences SEO et cabinets conseil ont sorti leur offre. Tous vendent à peu près la même chose : un audit, du contenu, de la mesure.
Pourtant, le sujet leur échappe à tous. Pour une raison structurelle.
Trois camps, trois angles morts
Quand un DirCom s'intéresse au GEO aujourd'hui, il est sollicité par trois familles d'acteurs.
Les régies médias (Media Figaro avec GEO medIA, Prisma Media Solutions avec Content for LLM, Reworld Media) misent sur leur autorité éditoriale. Le baromètre GEO Média d'Eskimoz le confirme : Le Monde ressort dans 64,4 % des prompts étudiés sur les médias nationaux, Le Figaro dans 53,3 %. Publier chez eux donne de la visibilité IA réelle. Mais l'offre vend du placement éditorial dans des médias d'autorité, ce qui ne couvre qu'une fraction du périmètre GEO.
Les agences SEO (Resoneo, Dékuple, Eskimoz, SmartKeyword, VML, iProspect) avancent leur ADN : "Identifier les questions que se posent vos cibles, c'est notre métier depuis quinze ans." Vrai. Mais la posture est celle du SEO repeint en GEO, avec une promesse de continuité méthodologique. Or Michael Beresin, Directeur Innovation et IA de Cosmo5, prévient : "Le réflexe du marché est de ranger le GEO à côté du SEO. En pratique, sa logique est celle du social listening : comprendre ce qui se dit de vous dans un espace que vous ne contrôlez pas, et apprendre à y peser."
Les cabinets conseil structurent des roadmaps d'autorité digitale. Bien. Mais sans bras armé pour exécuter, la roadmap reste sur PowerPoint.
Chaque camp a son angle de pertinence. Chaque camp a son angle mort.
Ce que le GEO demande vraiment
Le livre blanc d'Alliance Digitale, publié en mai 2026, résume la vraie nature du sujet en une phrase : "Le Search ne doit plus être une fonction de vos équipes marketing, mais une véritable culture d'entreprise à part entière, collective, expérimentale et évolutive."
Concrètement, faire du GEO sérieusement implique de mobiliser, sur la même marque, six expertises distinctes :
- SEO technique, pour structurer le site et le rendre lisible par les robots LLM (Schema.org, llms.txt, Markdown, données structurées, sitemap optimisé pour les crawlers IA).
- Contenu éditorial, pour produire des angles propriétaires, des verbatims, des analyses denses qui valent d'être cités par une IA. Le contenu générique ne passe plus.
- RP et relations presse, pour être mentionné par les médias d'autorité que les LLM crawlent en priorité (Le Monde, Le Figaro, Les Échos, presse sectorielle).
- Social et community, pour nourrir Reddit, LinkedIn, YouTube, massivement intégrés dans les bases d'entraînement des modèles. Resoneo signale que Reddit génère plusieurs millions de visites mensuelles depuis les LLM.
- Data et mesure, pour suivre la Share of Voice et la Share of Model dans ChatGPT, Perplexity, Gemini. Les outils (Profound, Peec.ai, BrandPulse, Brand Score AI) sont récents, payants, et nécessitent une expertise d'interprétation.
- Branding et cohérence sémantique, pour verrouiller que le site, les fiches produits, les communiqués, les posts sociaux disent tous la même chose. Karine Rielland-Mardirossian (Media Figaro) le rappelle : les LLM analysent une marque par entité, pas par page.
Ces six expertises ne sont quasiment jamais réunies dans une seule maison. Aucune agence SEO ne fait sérieusement des RP. Aucune régie média ne pilote votre Schema.org. Aucun cabinet conseil ne produit votre contenu propriétaire en volume. Aucun community manager ne maîtrise les outils de mesure GEO.
C'est là que le marché coince.
La vraie question pour un DirCom
Un DirCom qui veut aborder sérieusement le GEO n'a pas à arbitrer entre une régie média et une agence SEO. La question est ailleurs : qui orchestre ?
Qui s'assure que le travail RP nourrit la cohérence sémantique du site ? Que les contenus produits par l'agence éditoriale sont structurés pour les LLM par l'équipe technique ? Que la mesure côté Profound informe en retour les arbitrages de production de contenu et de relations presse ? Qui tient la cohérence entre les six chantiers, semaine après semaine ?
C'est précisément là que se joue la valeur d'un prestataire principal en GEO : moins dans l'expertise pointue d'un canal que dans la capacité à faire travailler ensemble six métiers sur une stratégie d'autorité partagée, mesurée et itérée.
Le livre blanc Alliance Digitale a un mot pour ça : "désiloter le Search". L'enjeu opérationnel est simple. Les agences sont aujourd'hui structurées en silos métiers, et le GEO se gagne entre les silos.
Le modèle qui colle au problème
C'est pour cette raison que le modèle collectif est, à notre conviction, la bonne réponse au GEO.
Chez Hub & Up, depuis 2021, nous opérons un collectif piloté de 25 agences spécialisées, 110 savoir-faire mobilisables selon le brief. SEO technique, content factory, RP, social, data, branding : les six expertises GEO sont disponibles sous le même pilotage. Quand un client nous confie sa stratégie d'autorité IA, nous assemblons un dispositif sur mesure, avec une direction de projet unique qui garantit la cohérence entre les chantiers.
Notre conviction est claire : la bataille des marques pour exister dans les réponses des IA se gagnera moins avec un fournisseur pointu qu'avec un chef d'orchestre capable de faire jouer plusieurs partitions sur la même mesure.
Le GEO va structurer la décennie. La vraie question pour un DirCom porte moins sur le choix d'un fournisseur unique que sur l'identification du bon chef d'orchestre. Les marques qui auront compris cette distinction six mois avant les autres prendront des positions qu'il sera très difficile de leur reprendre.

